Technologies

Chaudière à bois

Éolienne

Panneaux photovoltaïques

Pompe à eau solaire

Panneaux thermiques

Géothermie

Article de guider.be par Ophélie Luciano

Octobre 2009

 

 

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Visite Guider du Projet ERécole: Une école avec de l’énergie à revendre

Ce vendredi 23 octobre, le ciel oscille entre nuages menaçants et timides éclaircies. De l’extérieur, le Collège Saint Joseph de Chimay ressemble un peu à Poudlard, la célèbre école d’Harry Potter. Mais rassurez-vous , ici, il n’y a ni sorcier, ni magie, juste un laboratoire d’énergies renouvelables pour sensibiliser les jeunes aux énergies vertes. Cela a suscité notre intérêt.

Depuis un peu plus de deux ans et demi, le Collège Saint Joseph de Chimay mène un projet hors du commun, le projet ERécole. Son but : développer les énergies renouvelables au sein de l’école. A cet effet, un laboratoire d’énergies renouvelables a été installé dans la cour. Il se compose de panneaux photovoltaïques avec ou sans suiveur, d’une éolienne et d’une pompe à eau qui fonctionne grâce à une troisième série de panneaux photovoltaïques installée sur l’un des toits. Ces techniques sont venues compléter la chaudière à bois alimentée par les déchets de bois des environs.

Comment est née cette idée ? Comme nous l’explique Bénédicte Willame, professeur de sciences et coordinatrice du projet, tout a commencé avec l’idée de la Cellule des Droits de l’Homme de Saint Joseph d’organiser une journée sur l’environnement. Mais la prof de sciences voulait aller plus loin en installant une éolienne et pourquoi pas des panneaux photovoltaïques, c’est ainsi qu’est né le projet ERécole.

Sensibiliser les jeunes à l’environnement
L’objectif du laboratoire n’est pas de produire de l’énergie mais bien d’étudier les sources renouvelables installées. Toutefois, l’énergie produite par les panneaux photovoltaïques et l’éolienne permet tout de même d’alimenter les ordinateurs et l’éclairage du premier étage du bâtiment des premières. En un an et demi, un peu plus de 1000 kW ont été produits. C’est d’ailleurs dans ce même bâtiment qu’un panneau d’affichage électrique permet de donner en temps réel la production journalière, mensuelle, le CO2 économisé,…L’objectif est donc clairement pédagogique. « Notre but, explique Bénédicte Willame, est de sensibiliser les jeunes à l’environnement : ils vont être confrontés au manque de pétrole, à l’augmentation des prix de l’eau, de l’énergie. De plus, il est important de leur faire comprendre que nous avons tous un impact sur l’environnement plus ou moins important selon notre mode de vie – à chacun de nous de choisir si nous voulons le réduire".

 

Des synergies entre les élèves et les sections
Ce projet a également le mérite de susciter la participation de toutes les sections de l’école et de créer des synergies entre elles. Prenons l’exemple de la pompe à eau immergée alimentée par les panneaux solaires photovoltaïques, elle a entièrement été installée par la section professionnelle option mécanicien des engins hydrauliques et des moteurs diesel. Concernant les panneaux photovoltaïques installés sur le toit plat, ils ont eux-mêmes élaboré le système de fixation, réalisé le cahier des charges et opté pour l’installateur. Mais les collaborations entre les différentes sections et options de l’école ne s’arrêtent pas là. Les élèves de la section technique mécaniciens-automaticiens sont chargés cette année de l’automatisation de la trappe du silo à bois où se trouvent les plaquettes qui alimentent la chaudière de l’école. La section Informatique, elle, se charge de fournir les données du laboratoire sur le site internet www.erecole.be, quant aux élèves de l’option assistant déco, ce sont eux qui réalisent les différents folders sur le projet ERecole et qui ont imaginé le logo du projet. Ce projet a le mérite d’être fédérateur, il favorise les contacts et échanges entre les élèves des différentes sections : générale, professionnelle et technique. « Grâce à ERécole, les élèves se rencontrent entre eux et passent outre les apriori qu’il peut y avoir entre les sections. » commente Bénédicte Willame.

Une transparence totale grâce au site internet www.erecole.be
Le projet ERécole, c’est également un site internet sur lequel on retrouve un tas d’informations. Ce site permet aux élèves, personnel de l’école et parents d’élèves et tous ceux qui s’intéressent aux énergies vertes de suivre jour après jour l’évolution du projet ERécole. On y retrouve notamment de nombreuses informations sur les sources d’énergie renouvelable, un historique des étapes du projet ERécole, et surtout un laboratoire de mesures qui permet au grand public de suivre la production électrique en temps réel des technologies étudiées (http://www.erecole.be/donnees_labo.htm). Cela permet d’amplifier l’effet de conscientisation. Sur ce même site, les élèves de l’Institut Saint Joseph ont aussi la possibilité de s’exprimer à travers la rubrique « Edito du mois » sur des sujets environnementaux qui leur tient à cœur, les révoltent,…

ERécole : un échange de compétences
Au-delà des synergies entre les trois sections du Collège Saint Joseph, des échanges de compétences ont également eu lieu avec l’Athénée royal de Chimay ainsi qu’avec une école espagnole d’Extremadura. Dix élèves espagnols sont venus à Pâques en avril dernier pour découvrir le laboratoire et en contrepartie, dix élèves du Collège Saint Joseph iront en Espagne cette année pour découvrir l’irrigation solaire réalisée par les espagnols.

Récompensé au Prix belge de l’Energie et de l’Environnement
Le projet ERécole a été rendu possible grâce à la Fondation Chimay-Wartoise, qui a financé l’entièreté du projet, soit près de 30.000 euros. Le Rotary de Chimay a également apporté sa contribution en offrant la pompe à eau solaire.
Le 5 juin dernier, le Collège a été récompensé pour ce projet innovant et hautement pédagogique au Prix belge de l’Energie et de l’Environnement. Bénédicte Willame, coordinatrice du projet nous raconte : « Les élèves étaient fous de joie de recevoir cette récompense, ils sont très fiers de leur projet et cela montre à quel point ce qu’ils font est reconnu de tous et qu’ils ont raison d’agir pour l’environnement ».  Mais la prof de sciences regrette toutefois que ce prix ne soit que purement honorifique, « nous aurions espéré recevoir un petit geste du sponsor, histoire de mener à bien  les nombreux projets qui trottent encore dans la tête de l’équipe du Collège de Chimay. »


Focus sur les technologies vertes utilisées

  • Le panneau photovoltaïque fixe, sur la droite, est orienté plein Sud et incliné à 65 degrés comme sur le toit d’une maison.
  • Le panneau photovoltaïque suiveur, installé sur la gauche, est équipé d’un moteur, ce qui lui permet de suivre la trajectoire du soleil au cours de la journée, il est incliné à l’optimum.
  • L’éolienne de 900 W a une hauteur de 12 mètres.
  • La chaudière à plaquettes forestières de 1000 m³, se met en route 2 à 3 heures par jour et permet de chauffer l’ensemble des bâtiments. Tous les mercredis, un camion vient apporter les déchets bois de la région. Avec son ancienne chaudière, l’école consommait plus de 116.000 litres de fuel par an, soit près de 100.000 euros, aujourd’hui, 23.000 à 25.000 euros seulement sont nécessaires par an.
  • La pompe à eau solaire, elle est immergée dans la citerne d’eau de pluie et est alimentée par des panneaux photovoltaïques installés sur le toit. En cas d’ensoleillement insuffisant, une autre pompe à eau émergée et reliée au réseau électrique prend le relais. La pompe à eau permet l’alimentation des toilettes de l’école.